Comment se fait-il que l’Eglise n’ait pas vraiment accordé aux femmes chrétiennes la place qui leur est due en tant que disciples de Jésus-Christ? L’historienne Elisabeth Dufourcq s’interroge.
Selon l’Institut national des études démographiques (INED, France), «il y a à peu près le même nombre de femmes que d’hommes sur Terre». Cette parité, dans la durée et à cette échelle, a quelque chose d’extraordinaire. Le livre de la Genèse nous rappelle que Dieu créa l’être humain, mâle et femelle. Que la femme – fille, sœur, mère ou épouse – ait été assujettie pendant des siècles a de quoi interroger.
«En proclamant, avec Paul, une égalité spirituelle absolue des hommes et des femmes, des maîtres et des esclaves, le christianisme pouvait provoquer une révolution des rapports sociaux», affirme l’historienne française Elisabeth Dufourcq. Une révolution qu’elle n’hésite pas à qualifier de «révolution de l’Esprit».
Une histoire revisitée
Elisabeth Dufourcq est l’auteur de «Histoire des chrétiennes. L’autre moitié de l’Evangile» (Bayard Presse, 2008). «Si je restais fidèle au christianisme, il me fallait comprendre pourquoi, en tant que femme, j’y étouffais», y écrit-elle. Qu’on se rassure: elle se sent mieux aujourd’hui au sein de l’Eglise, mais il y a encore des progrès à faire. Son «Histoire des chrétiennes» est une véritable somme qui fait cheminer le lecteur à travers des siècles parsemés de grandes figures féminines, connues ou oubliées.
Apôtres des apôtres!
Avant que Paul ne soit apôtre, des femmes avaient déjà propagé l’Evangile du Christ, rappelle Elisabeth Dufourcq. Des femmes avaient également quitté leur famille et leur maison pour suivre et assister Jésus, de la Galilée au Calvaire. Elles ont été témoins du tombeau vide, et le Christ ressuscité les a envoyées en «apôtres des apôtres».
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